Mon amour, je trouve que tu es peut-être un peu stressé(e) ces derniers jours. Ça fait 4 fois que tu cries après les enfants et le chien se sauve maintenant à chaque fois qu’il croise ton chemin. Crois-tu que tu pourrais tenter de diminuer un peu ton stress ?‘.

‘JE NE SUIS PAS DU TOUT STRESSÉ(E) VOYONS DONC ! C’EST QUOI CES NIAISERIES! C’EST VOUS AUTRES — LE CHIEN INCLUS ! — QUI FAITES EXPRÈS POUR M’ÉNERVER! FRANCHEMENT ! ON NE PEUT PLUS VIVRE DANS CETTE MAISON !’

Mon amour, tu as tellement serré fort le tube de dentifrice en me parlant que tu l’as vidé d’un coup…

L’humain semble avoir perdu la capacité de détecter ses propres réponses de stress. Les gens qui nous entourent sont parfois meilleurs que nous pour détecter ces réactions. Pourtant, à chaque fois qu’on a une réponse de stress, notre corps et notre cerveau nous envoient pleins d’indices pour nous informer de cet état. Ma colère spontanée d’avant-hier (voir billet de blogue intitulé : COVID-19 : L’arrivée de la colère spontanée) est l’un de ces indices. Mais il y en a d’autres.

On ne peut gérer un problème que si l’on sait qu’il existe. Alors pour nous aider à gérer notre stress en ces temps de COVID-19, je vous offre un petit abécédaire de la réponse de stress et des indices qui sont envoyés par notre corps et notre cerveau pour nous informer de cet état. Une fois la réponse de stress comprise, je pourrai ensuite vous offrir dans des billets de blogues ultérieurs quelques méthodes simples pour réduire la réponse de stress.

Cette réponse de stress existe depuis la nuit des temps et elle est nécessaire à la survie. Elle a permis aux hommes préhistoriques de détecter les menaces dans l’environnement (comme les mammouths) et survivre. Quand le cerveau détecte une menace, il active un système hormonal qui va mener à la production d’hormones de stress par le corps. Une fois produites, ces hormones de stress vont permettre au corps de négocier la menace en fuyant ou en la combattant. Toutefois, une certaine proportion d’hormones de stress va aussi accéder au cerveau et modifier la manière dont on traite l’information. Quand vous faites face à un stress, vous produisez une réponse de stress qui se traduit par les 10 signes suivants.

  1. Vos pupilles se dilatent : La dilatation des pupilles se produit pour permettre le passage de plus de lumière dans l’œil et ainsi maximiser la vision nocturne, au cas où la menace survienne pendant la nuit. Ainsi, une réponse de stress fera en sorte que les objets sont plus clairs et mieux définis. La prochaine fois que vous sentirez une réponse de stress vous envahir, soyez à l’affût de cet indice. Vous remarquerez que le contour des objets qui vous entourent est plus clair, vous voyez un peu plus loin.
  2. Vos poils se dressent : Pensez à un chat qui rencontre un chien. Les poils se dresseront sur son corps, ce qui le fera paraître plus gros, augmentant ses chances de faire peur au chien. La même réponse survient chez l’humain, qui est toutefois beaucoup moins poilu que l’homme préhistorique qui chassait le mammouth. Si vous regardez les poils de vos bras quand vous avez une réponse de stress, vous ceux-ci se dressent. Mais n’ayez crainte, cette réponse de redressement des poils ne s’applique qu’aux poils du corps, alors vos cheveux ne bougeront pas d’un poil :).
  3. Votre rythme cardiaque s’accélère : Cette réponse se développe pour permettre à votre corps d’envoyer plus de sang à vos muscles dans le but de vous donner la force nécessaire pour combattre la menace. Ainsi, quand vous avez une réponse de stress, vous êtes plus fort. Il s’agit d’une réponse normale du corps qui, en envoyant le sang aux muscles, permet à ceux-ci d’augmenter leur capacité à combattre la menace.
  4. Votre respiration devient saccadée : Cette réponse permet d’envoyer plus d’oxygène aux muscles et, encore une fois, d’augmenter notre force pour combattre la menace. On peut aisément reconnaître cette respiration qui s’accélère chez l’autre. En effet, la personne a une respiration haletante et, lorsqu’elle parle, elle a tendance à avoir une parole saccadée. C’est un indice de stress très facile à reconnaître chez l’autre !
  5. Vos muscles deviennent tendus : Avec tout ce sang et cet oxygène qui sont dirigés vers les muscles, les muscles sont prêts au combat ! Ceux-ci se tendent, vos poings se serrent, votre mâchoire se crispe. Si vous prêtez attention à votre cœur et à votre respiration au moment où vous reconnaissez que vos muscles sont très tendus, vous remarquerez que votre cœur bat plus rapidement qu’à l’habitude et que votre respiration semble plus difficile. Vous êtes en pleine réponse de stress.
  6. Vos glandes sudoripares s’ouvrent : Les glandes sudoripares nous permettent de transpirer. En général, on transpire lorsqu’on fait du sport ou un travail exigeant, car ces deux activités font augmenter la température corporelle et la transpiration nous aider à diminuer notre température corporelle. Lorsque nous avons une réponse de stress, nous mobilisons de l’énergie au même titre que si nous faisions un exercice physique exigeant et les glandes sudoripares s’ouvrent, libérant ainsi de la sueur pour nous permettre de diminuer notre température corporelle. Dans ces conditions, on transpire sans même avoir bougé.
  7. Votre regard se met à butiner : Devant la menace, le regard se met à butiner d’un endroit à un autre, et ce, très rapidement. La personne stressée analyse ainsi l’environnement pour détecter d’autres menaces potentielles, pour s’assurer que tout va bien, et elle cherche sans cesse à reconnaître des éléments qui permettront de négocier la réponse de stress.
  8. Vous avez des colères spontanées : Vous êtes en train d’analyser l’environnement pour détecter des indices qui feront cesser votre menace et soudainement, quelque chose interfère avec votre travail de détection de menaces (par exemple, votre enfant se place devant vous pendant que vous écoutez une émission spéciale sur la COVID-19). Lorsque ceci survient, il y a de fortes probabilités que vous ayez un mouvement de colère spontanée qui vous mènera à crier à votre enfant de bouger pour que vous puissiez continuer de regarder l’émission spéciale.
  9. Vous pensez constamment à la situation, la personne, l’événement qui vous stresse : Lorsque votre cerveau détecte une menace, celle-ci commence à prendre toute la place dans votre esprit, car le cerveau cherche à assurer votre survie. Il va donc diriger votre pensée vers cette menace, et ce, jusqu’à ce que vous l’ayez surmontée. C’est l’arrivée du petit hamster dans votre tête. Cet indice est impossible à détecter de l’extérieur, mais il est l’un des signes les plus évidents qu’un stress a cours dans votre vie.
  10. Vous commencez à oublier des choses : Puisque votre cerveau est constamment en train de penser à la situation qui vous stresse, il devient de plus en plus difficile de porter attention et de mémoriser d’autres informations de l’environnement qui ne sont pas liées à la menace. Vous entrez dans une pièce de la maison en vous demandant ce que vous étiez venu y faire, ou vous perdez le fil de vos idées.

Il ne faut pas avoir peur de ces manifestations physiques et mentales du stress. Ce sont des réponses tout à fait normales du corps qui surviennent devant toute situation stressante. Toutefois, il est important de reconnaître ces signes pour prendre conscience de nos réponses de stress et ainsi travailler à les contrôler et ce, au fur et à mesure qu’elles apparaissent. Quand on fait cela, on empêche nos stress aigus de mener à un stress chronique.

Je vous imagine maintenant tous en haleine à attendre la suite. On fait quoi alors pour diminuer ces réponses de stress ? N’ayez crainte, je continuerai de vous écrire dans les jours qui viennent pour vous donner des moyens de négocier ces réponses de stress.

Mais avant de faire cela, il faut vous pratiquer à reconnaître vos réponses de stress car vous ne pourrez mettre en application les méthodes de contrôle de stress que si vous reconnaissez la réponse de stress quand elle survient !

Alors… quels sont les signes que vous reconnaissez chez-vous ?

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